Les Moulins

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Généralités

Qu’ils soient à vent… ou à eau… qui n’a pas en mémoire les chants de son enfance, ou de sa jeunesse… c’est un peu comme les marionnettes… J’entends encore : jolie Meunière… Meuniers tu dors…le moulin de la galette…maitre Pierre…

Les moulins, tout comme les fours à pain relevaient de la « banalité » au Moyen Age. Ils constituèrent, tout comme les églises et cimetières, des lieux d’échange, et aussi de ragots ! On devait aussi parler politique : des corvées, des droits exorbitants, des taxes imposées par les seigneurs, comme des maladies, et du temps qui allait gâter les récoltes. Et les meuniers étaient au cœur de ces rencontres et échanges !  

Bien avant notre ère, dans le Croissant Fertile, l’homme cultivait des graminées sauvages et en récoltait déjà les graines pour se nourrir.   Mais, il fallait en supprimer l’écorce pour atteindre la partie nourrissante…D’abord broyées rudimentairement sur une pierre plate à l’aide d’un gros galet, elles l’ont été plus tard, sous la forme de pierre puis de meule… (voir notre carrière de meules au village du Couédro).

Un broyage plus fin permettait d’obtenir du « far » mot qui a donné naissance à celui de farine. Mélangé à de l’eau on obtenait ainsi une pâte. Les Romains vont ajouter à la pâte « une part » de farine fermentée, ce sera plus tard le levain, pour obtenir après cuisson du pain « levé » avec des bulles dans la mie.

A l’époque romaine, la technique évolue avec l’invention du moulin. On a alors une meule fixe coiffée d’une meule tournante. Cette dernière est trouée en son centre pour y déverser le grain, avec une poignée, bien souvent une barre de bois, pour en assurer la rotation. Il est évident que ces « outils » étaient actionnés par la force de l’homme.

L’origine de l’utilisation de la force motrice en Bretagne n’est pas très claire. C’est probablement avec le régime féodal qu’une organisation se met en place. L’usage de la force hydraulique, ou du vent, ou encore des marées, serait globalement postérieur aux croisades.

Moulins : à vent, à eau…

Si, la construction d’un moulin à vent est réputée libre, (le vent n’appartient à personne), celle d’un moulin à eau est bien différente. Les ruisseaux, rivières, (non navigables) appartiennent aux propriétaires des terres où ils se trouvent, c’est-à-dire : au seigneur.  C’est ce qui deviendra une « banalité », c’est-à-dire du monopole de son domaine, de son fief !

Le recours à son usage est une contrainte. Les paysans « vassaux » sont tenus, sous peine d’amende, d’apporter leur grain à moudre au moulin seigneurial.

Les seigneurs de l’époque détiennent le monopole de la construction et de l’usage des pressoirs, des fours de village… c’est la « banalité » !

Ils ne seront pas les seuls : abbayes, prieurés, évêchés, ou autres communautés s’approprient aussi ce droit !

Le seigneur n’exploite pas lui-même le moulin mais il l’afferme. Bien sûr, il y a une contrepartie jugée souvent élevée : une rente, en deniers, ou fourniture de farine, ou autre avantage en nature : volailles, anguilles, poissons dont les familles de meuniers pouvaient disposer en abondance…

« Le meunier » reçoit du paysan qui lui apporte son grain à moudre une rémunération en nature, c’est « le droit de mouture » fixé, selon la coutume de la région. En Bretagne, ce sera la seizième partie du blé qui aura été moulue.

C’est la révolution et l’abolition des droits seigneuriaux qui va, comme dans bien d’autres domaines, tout bouleverser.

Au cours du XIXème siècle bon nombre de moulins sont alors rachetés par les meuniers.  Seulement, au passage ils ont perdu le droit seigneurial de clientèle forcée. Alors, qu’auparavant les paysans apportaient leurs céréales, les meuniers se voient contraints d’aller chercher le grain chez le fermier, qui acceptent, ou pas de leur confier, dans un contexte concurrentiel !

Pour la petite histoire, sur nos « petits » cours d’eau, malgré les réserves faites pour en réguler le cours, pour assurer une production de farine toute l’année, les meuniers ont érigé des moulins à vent. Ainsi « moulin à eau » et « moulin à vent » étaient bien souvent propriété d’une même famille de meuniers.

La Bretagne fut une terre à moulins à vent compte tenu de son climat.

Beaucoup de moulins ont disparu avec l’arrivée de l’électricité. Ce type de moulin, on en trouve un à Questembert, que l’on avait baptisé « moulin sec » !

Il nous reste, sur notre commune, de « beaux restes » que nous allons vous faire découvrir en les localisant sur la carte et en les présentant sur ce site…

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            Voir sur notre carte les moulins répertoriés :