Les Croix

Les Croix de Questembert

croix

Généralités

(Extrait du livre « Au cœur du Haut vannetais de Bleiguen – Ed 1958)

Il y a lieu de distinguer entre nos croix de granit suivant leur antiquité, leur forme, leur genre de sculpture, leur situation.

Au point de vue antiquité, mis à part les croix et motifs sculptés sur les monolithes dits : menhirs christianisés, il n’existerait pas en Bretagne de croix taillées constituant des monuments propres antérieurement au XIIème siècle.

C’est l’époque où paraissent les premières croix grecques.

Nos croix latines les plus antiques leur sont postérieures d’au moins un siècle.

Parmi les croix latines forment un groupe spécial les croix géminées comprenant : d’une part les croix jumelles identiques entre elles, rappelant un événement marquant, un drame sanglant peut-être, ou constituant un souvenir de mariage, des autres croix géminées dissemblables ; l’une figurant la croix du bon larron, l’autre la plus importante, exaltant le Rédempteur.

On trouve aussi les croix hosannières avoisinant les églises et chapelles, les croix bannières, plus récentes, dites aussi à panneau ou médaillon.

Les croix Hosannières :

Ce sont édicules funéraires, comme la lanterne des morts que l’on peut rencontrer hors Bretagne, placée à proximité des cimetières. Il en existe de plusieurs sortes. Les plus connues chez nous peuvent-être petites et peuvent comporter des motifs funéraires sculptés.

Le nom « hosannière»   semble venir « l’hosanne », buis sacré qui, dans certaines régions était déposé sur la croix et faisait partie d’un rituel, aujourd’hui oublié. 

Les croix Bannières 

Monument chrétien composé d’un fût supportant un élément sculpté de forme rectangulaire et rappelant une bannière de procession. La « bannière » comporte des sculptures sur les deux faces, parfois même sur ses quatre faces. Les scènes les plus représentées sont la crucifixion et la piéta. Le fût peut se prolonger au-dessus de la bannière pour terminer en véritable croix.

Elles peuvent être isolées croix de chemin, de carrefour) ou dressées dans un cimetière ou devant une chapelle ou une église. On en trouve principalement en Bretagne et surtout dans notre département. On les appelle aussi croix à panneaux, ou croix à tableaux. Elles sont datées des XV et XVI siècles.

  • La croix bannière de Saint Michel La croix bannière de Sendoué :
  • La croix bannière du Bodan 
  • La croix bannière du Congo

Les croix jumelles

Elles marquent parfois l’emplacement où s’est déroulé un événement tragique. La position respective de ces croix, à un croisement, fait penser à une embuscade. Les croix seraient placées à l’endroit même où des hommes surpris en essayant d’escalader le talus auraient été abattus !

  • Les croix geminées de St Jean.
  • Les croix Karia
  • les petites croix

Les Croix de Mission

Après la tourmente révolutionnaire, il fallut, pour l’église, restaurer la pratique religieuse. Très tôt, dans les diocèses, on a recouru à des missionnaires, prêtres, dont la tâche était d’aller dans les paroisses. C’était le temps de la mission, période où chacun devait se remettre en cause pour repartir d’un bon pied dans la vie chrétienne. La mission se terminait par l’érection d’une croix, dite croix de mission.

Pour éviter que ce patrimoine ne disparaisse, il est nécessaire que chacun soit sensibilisé sur la nécessité de prendre des mesures de sauvegarde, parfois d’entretien ou de restauration de ces édifices. Beaucoup sont implantées à la croisée des chemins pour rappeler l’attention des gens de passage sur le religieux. Elles ont également un caractère commémoratif et doivent leur mise en place à la générosité des paroissiens.

AdChoicÉrigées en souvenir d’une mission, elles portent souvent une inscription, celle du prédicateur et la date de cette mission ou une épitaphe.

Les Croix Armées

Des croix curieuses et vieilles, probablement, jalonnent encore aujourd’hui le territoire où se déroulèrent les principales phases des combats. Il semblerait qu’un certains nombre de croix existent encore aujourd’hui, érigées probablement peu d’années après la bataille, pour garder précieusement le souvenir au cœur du peuple breton.

La Croix de l’Isle : Dites aussi Croix des Brières. C’est un monolithe de 1 m 80 de haut. Elle posa question aux historiens qui crurent découvrir sur sa face l’inscription « Amio Moro » ! En fait c’est le monogramme de Jésus : I.H.S. Dans ce monogramme, I’’ H’’ du milieu est coupé verticalement d’une croix grêle surmontant un cœur : une quatrième orne la base du fût. Plus bas, sur le côté du fût sont sculptés deux tibias croisés, cantonnés de trois têtes de mort ; une quatrième tête de mort isolée, orne la base du fût.

Etant donné son ancienneté on peut penser qu’elle fut érigée en souvenirs de ceux qui tombèrent près de Coët Bihan au cours de la bataille qui se livra entre l’armée bretonne et les pirates normands.

La croix Rochue : Taillée dans un bloc de granit, elle mesure 1 m 50 environ. Elle porte une épée dont la garde est convexe et retombe vers la lame qui occupe la longueur du fut. Deux cassures lui ont été causée par un camion fou, il ya quelques années.

La croix de l’Ormeau : C’est un beau monolithe de granit, assez plat et sans sculpture atteignant 2 m de haut. L’endroit où elle fut placée, vraisemblablement, un des points chauds de la bataille, après son vœu, il lança de Ker-en-Tal et des alentours, la grande attaque finale qui devait le conduire à la victoire.

La croix de Ker-an-Tal : « la ville du front » Cette croix armée, cassée a été restaurée se trouve à ce jour dans une propriété privée, pas très éloignée du Pont Prié. Elle se trouve être au centre de la bataille livrée contre les Normands.

La croix du Pont-à-la-Poêle : Ce nom correspond à plusieurs parcelles de terre de la vallée, et dont une pierre sculptée, ressemblant à une poêle à frire, y a été retrouvée. Cette croix est du même genre que la croix Rochue. Retrouvée cassée, elle fut restaurée par le propriétaire du terrain qui la garda « chez lui » !

La croix du Pont Prié : Cette croix a existé, (là, où Alain le Grand pria pour gagner la bataille), mais elle a disparu depuis bien des années. On suppose qu’elle a été utilisée pour faire la route. Une nouvelle croix a pris sa place, grâce à l’Association du Patrimoine qui, en 1991, en fit refaire une à l’identique. Elle vient de retrouver sa place initiale en juillet 2018. C’est, en cet endroit supposé, qu’Alan aurait mis genou à terre en implorant le ciel !

La croix de Tuin, dite aussi croix de « Ker-an-Gat». Courte, étroite, et assez irrégulière, elle porte trois « croisettes » en relief surmontées de cinq points (figurant les cinq plaies du Christ). Elle fut érigée sur les lieux les plus chauds du combat, à l’endroit où la retraite des Normands allait commencer à se transformer en déroute.

La croix de Carnély (Ossuaire) : Elle domine le vallon de Carnély où les normands furent encerclés et anéantis. Il est probable qu’un certains nombre de Normands furent inhumé dans les parages. Dans leur déroute, ils cherchaient à regagner leurs drakkars à « la vieille Roche » en Arzal.

Il est probable qu’après une première défaite, l’armée bretonne d’Alan poursuivie par les Normands reflua vers Coët Bihan et L’Isle et Cadelin. Puis une nouvelle défaite l’aurait conduit vers Questembert, pour y trouver du renfort, et la victoire !

Pour information.

La croix n’était pas un symbole utilisé par les premiers chrétiens, car ils craignaient que ce signe ne les livre aux persécutions romaines. La croix n’était pas franchement employée dans la décoration des églises, le premier symbole du Christ a été le poisson (IIe siècle) car en grec « poisson » s’écrit : IXΘYΣ, ou ichthus, acronyme dont les lettres constituent les premières lettres de Iêsous Christos Theou Uios Sôtêr, c’est-à-dire Jésus Christ, de Dieu le Fils (Fils de Dieu), Sauveur. »

Après la reconnaissance de la chrétienté par Constantin le Grand, les chrétiens, ne craignant plus les persécutions et encore plus à partir du Ve siècle, la croix commença à être représentée sur des sarcophages [cercueils de pierre], des lampes, des coffrets et d’autres objets.

La croix ne devint pas le principal emblème et symbole de la chrétienté avant le IVe siècle. » Toutefois, selon l’historien Thierry Murcia, l’adoration de la Croix par les chrétiens – ou staurolâtrie – est attestée dans les sources à partir de la fin du IIe siècle mais « elle ne concerne alors que des croix de bois »

La croix chrétienne est représentée sous une multitude de variantes :

Croix Grecque                                                                          Croix Celtique Irlandais

haut de la page