Dans un écran de verdure…

Datant du 15ème siècle, elle fut édifiée sous le vocable ST EUTROPE, puis SAINT VINCENT, depuis 1802.

Pour la signification de ST DOUE : plusieurs interprétations ont été avancées !
Ce qui est certain c’est que « DOUE » ne signifie pas Dieu. Certains y voient la déformation du nom d’un Saint Breton, pour d’autres ce serait la déformation du nom « Sendoué ». Quoi qu’il en soit, une certitude est que le vocable sous lequel la chapelle fut édifiée, est celui de Saint EUTROPE dont la statue figure sur un autel de côté.
La tourelle cylindrique, au sud, date de la moitié du 15ème siècle. La tour renferme un escalier en pierre ; elle fut une création du seigneur Alain de Botblay, fondateur de la chapelle de St Doué.
De style ogival flamboyant, contreforts à l’ouest surmontés de sculptures : d’un côté, figures humaines, de l’autre, personnage dans une position indécente, gargouilles, animaux…






Sur le pignon ouest, deux ouvertures jumelées, en anse de panier, à voussures nervurées, surmontées d’un arc en accolade. A l’extérieur un bénitier est placé à droite de l’entrée, comme souvent en Bretagne sud
Au dessus, un vitrail à meneaux, en fleur de lys, qui a son semblable, en plus grand, sur le côté sud.


L’intérieur


A propos du maître autel, il y a à peu près un siècle, un retable en bois avec autel ont été placés sur l’autel existant : retable comprenant un fronton triangulaire soutenu par deux colonnes, encadrant une toile peinte, représentant le Christ en croix. L’autel en forme de console reposait sur une estrade de 3 marches, mais cet ensemble ne correspondait pas au style de la chapelle.

Etant donné le mauvais état du retable et de l’autel, en raison de l’humidité, la municipalité les a fait déposer en 1988, ce qui a permis de découvrir, dessous un bel autel de granit.
Au pied et à droite de l’autel, au niveau du sol, une pierre tombale portant une inscription en caractères gothiques.
LES SAINTS – Dans les vitraux
Sur la façade Sud : St FIACRE, patron des jardiniers, saint guérisseur, guérit les coliques, les maladies digestives et les hémorroïdes. St FRANCOIS, patron des commerçants.


Les statues
St EUTROPE, saint guérisseur, guérit les migraines et les maux de tête.


St VINCENT FERRIER, il prêcha dans toute l’Europe et de nombreux miracles lui furent attribués. Il serait passé à Questembert le 3 mars 1418, il est mort à vannes le 5 avril 1419.
Ces saints signifient qu’un chemin de compagnons passait par là.
D’autres statues en bois, lors de la restauration malencontreuse du siècle dernier, avaient été guillochées, donc recouvertes de points afin de les recouvrir de plâtre. La remise en état a été faite par Joseph Pignon, avec le concours de l’association des habitants de la frairie.
On remarque des sculptures ayant la forme de feuilles de chêne qui en Bretagne désignent la haute période des compagnons de la pierre.
Un chemin de croix


Ce chemin de croix, aurait été donné par un fidèle vacancier venant à Questembert et provenant d’une église de Tunisie !
La vie de la chapelle
Une messe est célébrée le second jour des rogations (mardi avant l’ascension) et le pardon s’y déroule le dernier dimanche de juillet.
Une chasuble était conservée précieusement pour la sortir seulement à l’occasion des rogations. Le fond de cet ornement était rose, d’une nuance ancienne vraiment remarquable.
La croix de couleur bleu foncé tranche d’heureuse façon sur un fond rose pâle. Des fleurs multicolores, semées à foison sur le tout, y jettent une note de poésie rustique. L’étoffe est de qualité.
Un nouveau vitrail…
Le Chevet était ajouré d’une grande vitre simple, un vitrail l’a remplacé récemment, en 2000, vitrail moderne et très coloré, (soleil levant)
Tiré du texte de 17 mai 2002, date de l’inauguration du vitrail de St Doué
La Frairie veille aux travaux de restauration du bâtiment et de ses abords depuis de nombreuses années. Le vitrail, ou du moins ce qui en tenait lieu, n’était plus en adéquation avec la qualité de l’ensemble de la chapelle.
La commune et l’association de la chapelle de saint doué, avec le soutient du Conseil Général et Régional ont fait refaire la maçonnerie et reposer un nouveau vitrail de style moderne et comprenant des extraits du livre de la genèse, chacun peut interpréter comme il l’entend les signes ou dégradés de couleur.

A noter que l’association n’était pas prête à une telle transformation de ce vitrail. Les « locaux » étaient habitués à un style plus traditionnel.
Extrait du journal « Chrétiens en Morbihan » juin 2019
St Vincent FERRIER messager des temps nouveaux
L’année jubilaire dans le Diocèse
La chapelle édifiée à la fin du XVIème siècle au lieu-dit Sendoué (route de la Vraie-Croix), honore saint Vincent de puis le Concordat de 1801. Six statues (du XVIe au XVIIIe) ornent le chœur. Sur le vaste placître ombragé, une croix bannière monumentale fut érigée au XVII. Sur une des faces est représentée la crucifixion, sur l’autre la piéta ainsi que deux saints.
Le 3 mars 1418, à Questembert, le prêcheur a célébré la messe en présence d’une foule immense, puis prêché et guéri des malades. Son passage à provoqué l’édification de nombreux calvaires, chapelles et fontaines dans le pays.
LE CALVAIRE – Une Croix Bannière
Le calvaire est inscrit à l’inventaire des monuments historiques. Il porte sur son socle les armoiries de la famille de Chapelle-Molac-Sénéchal





La Chapelle MOLAC
Il a fait l’objet d’une restauration par un sculpteur de Questembert, M. Pignon. Le fût a été réduit, les deux tronçons de ce dernier qui gisent dans la chapelle, faisaient partie intégrante de la croix, elle était aussi haute que celle de St Michel et que celle du Bodan.
LA FONTAINE
Située à 800 m sur un terrain vague, puis devenue privée depuis le remembrement, elle est restée à l’état naturel, sans maçonnerie. Les habitants du village se rappellent avoir vu venir s’y laver, des pèlerins affligés d’enflures.

La famille MAGRE, se souvient de gens étrangers à la paroisse pèlerines à St DOUE, parmi lesquels on surprenait une petite fille balayant le sol de la chapelle, coutumes encore habituelles, en honneur, dans certains pèlerinages bretons, pour demander des grâces.
Rédaction : E. le RAY – Photos : B. TRECA