contes et légendes

Histoire

La Ville et Son Histoire

Questembert se situe sur un plateau granitique sillonné de valons pittoresques traversés par de petits cours d’eaux, ce qui a permis à l’homme de s’y implanter.

Les nombreuses recherches archéologiques faites au 19éme siècle dans la région prouvent qu’à l’Age du Bronze (2500 à 1000 ans avant Jésus Christ) le site était déjà habité.

A l’époque gallo-romaine, l’agglomération se développe auprès du Petit Molac, au bord de l’ancienne voie romaine venant de Redon. Cette voie passait par le Château d’Erech et allait jusqu’à la Hutte Saint-Pierre (La Vraie Croix) en direction de Vannes. Le nom de « Kerru » (Bourg Rouge) donné à l’époque à cet endroit était lié à la couleur de la terre, dû aux nombreux débris de briques gallo-romaines trouvées en ces lieux.

En 1863, on fit la découverte, au village de Boquignac (limitrophe du Bourg Rouge), d’un tumulus et de l’atelier d’un fondeur gaulois datant du Vème siècle avant JC.  Parmi les nombreux objets retrouvés il y avait un vase en terre cuite de grande dimension, rempli de multiples objets en métal oxydé :  des débris d’épées, des haches, des lames de poignards, des lingots, des piques, des jets, le tout en bronze, ainsi que des « masses » (blocs) de cuivre.

Furent aussi retrouvés à Talhoët et à Château d’Erech : des urnes cinéraires (destinées à recueillir des cendres funéraires), des briques, des poteries et des monnaies, et à Boquenay : des briques et des hachettes de pierres.

Concernant les urnes cinéraires, on a aussi retrouvé à Questembert et ses alentours des « ossaria ». Ce qui démontre un signe de vie collective dans ce secteur du Ier au IIIème siècle. Une grande partie de ces ossaria, ainsi que des éléments anciens en pierres de taille ont été collectés sur Limerzel, Péaule et Questembert par le fondateur du domaine de Rochevilaine quand il le fit construire à la pointe de Pen Lan en Billiers.

Au IVème siècle, les premiers émigrants venus de l’ile de Bretagne qui s’installèrent au Bourg Rouge étaient déjà en grande partie christianisés et contribuèrent à la fin de l’évangélisation de notre territoire.

Au IXème après JC, les pirates scandinaves ravageaient depuis 40 ans les côtes de l’ouest de la France. En 890, Alan Meur (Alain Le Grand) fils du comte de Vannes, aidé de son cousin Judicaël, fils du comte de Rennes, décident de livrer bataille contre ces redoutables envahisseurs. L’affrontement eut lieu aux alentours de Questembert : le choc fut terrible, les Bretons en sortirent vainqueurs et les quelques Vikings survivants s’enfuirent afin de rejoindre leurs drakkars amarrés aux rives de la Vilaine. En témoignage, 8 croix, la plupart armées d’un glaive, délimitent cette célèbre bataille. Par la suite, Alan s’efforça de reconstituer l’unité de la Bretagne, qui sera préservée des attaques scandinaves pendant 25 ans. Alain Le Grand meurt en 907. Mille ans après, en 1907, l’Union Régionaliste Bretonne fait élever une stèle de granit haute de 5 mètres pour honorer sa mémoire. Maintes fois déplacé, le monument est situé actuellement en plein centre-ville, place Gombaud.

Par ailleurs, la découverte près de la motte féodale de Coëtbihan de plusieurs monnaies romaines donne à penser que le château disparu aurait été construit sur l’emplacement d’un retranchement romain. Des cercueils en pierre datant du Xème ou XIème siècle, ainsi que les traces d’un puit et de substructions anciennes prouvent une installation humaine constante de l’Antiquité au Moyen-âge.

Durant la période féodale, Questembert fait partie des baronnies de Molac et de Rochefort, à laquelle est rattaché le château de Coëtbihan. On y trouve une aumônerie des Hospitaliers dès 1160 et deux léproseries, dites « maladreries », dédiées à Sainte-Madeleine et à Saint-Lazare. L’une se trouvait au nord du village, vers le « clos aux moines », cet enclos était aussi appelé « charnier vivant ». L’autre maladrerie se situait au sud, au-dessus de Celac, sur le plateau du Herbon, qu’on appelle encore aujourd’hui « Leviny». Les lépreux exerçaient le métier de cordiers et tressaient et développaient leurs cordes sur des supports en bois.

Le 3 mars 1418, Saint Vincent Ferrier, célèbre prédicateur de l’Ordre des Dominicains et protégé du Pape Benoit XIII, qui avait été appelé en Bretagne par le Duc Jean V, célèbre une messe à Questembert. On rapporte qu’il y prêcha sous une tente que le peuple lui avait élevée dans la ville, parce que l’église eût été trop petite pour recevoir tous les auditeurs accourus de la contrée entière. Il sillonna ensuite pratiquement toute la Bretagne de ville en ville pendant près de deux ans, et mourut à Vannes, épuisé, le 5 avril 1419.

En 1793, pendant la période révolutionnaire, Questembert comptait 3468 habitants. Le secteur fut le théâtre d’affrontements sanglants entre soldats Républicains et insurgés Chouans, pour la plupart paysans. Le combat qui eut lieu le 25 novembre 1793 à Coëtbihan vit la victoire des Républicains. Les soldats ordonnèrent aux paysans de se soumettre et de regagner leurs foyers, de rendre leurs armes et de dénoncer leurs chefs, faute de quoi leurs biens seraient confisqués et leurs maisons détruites. Si les campagnes se calment, les paysans ne se pressent pas d’obtempérer sur les deux derniers points. Aussi le représentant de la Convention à Nantes, Jean-Baptiste Carrier (l’ordonnateur des noyades collectives dans la Loire) envoie le redoutable Le Batteux pour réprimer la rébellion. Celui-ci opérait en éclaireur dans le Morbihan auprès de l’armée du Général Avril. Lieutenant de la compagnie des grenadiers de la Garde Nationale de Redon, il agissait pour son compte autant que pour celui de la République. Outrepassant les ordres du Général Avril, il multiplia les pillages, les taxations, les réquisitions abusives et les arrestations. Il ordonna en outre de détruire toutes les chapelles. La « colonne » de Le Batteux laissa un souvenir particulièrement sinistre à Questembert.

Personnages célèbres de la commune

  •  René Mulot, missionnaire de la Compagnie de Marie, né à Fontenay-le-Comte en 1683 et décédé à Questembert en 1749
  •  Jean-Julien Le Mauff, officier de marine qui participa à la Révolution américaine, né à Questembert en 1731 et décédé à Vannes en 1798
  •  René Gabriel, recteur de Questembert et député aux États Généraux de 1789, né à vannes en 1742 et décédé à Questembert en 1821
  •  Bénigne-Urbain-Jean-Marie du Trousset d’Héricourt, évêque d’Autun, né à Questembert en 1797 et décédé à Autun en 1851
  •  Urbain Bellyno, maire de Questembert, propriétaire de l’Hôtel Belmont
Alain Le Grand
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Alain Le Grand

A QUESTEMBERT – La victoire d’ALAN MEUR (Alain le Grand)

D’après l’historien Bleiguen et Erlannig – Edition 1958

En 799 la Bretagne fut envahie par le comte WIDO, lieutenant de CHARLEMAGNE.

Mais, vers 850 de nouveaux envahisseurs : les pirates normands s’emparèrent de Nantes, puis les drakkars remontèrent la Vilaine. Les moines de l’abbaye St Sauveur, devant ces païens qui incendiaient tout sur leur passage, incitaient la population à demander l’aide d’En Haut.

Puis ce fut Vannes, qui fut pillé et rançonné. Entre temps deux comtes se disputaient le trône de Bretagne : PASCWETEN, Comte de Vannes, et GURVAN, Comte de Rennes. Leurs héritiers, continuèrent leur querelle : Judicaël et Alan (fils du comte Vannes), mais devant le péril commun, ils finirent par se donner la main.

Dans les années 890, les envahisseurs sont au Guerno, puis ils arrivent à Coët Bihan. Entre temps le Comte Even et sa troupe, quittent la région du Léon et il  vient donner un coup de main à son cousin Alan.

Entre temps, un autre contingent de Normands envahit les rives du Blavet. Judicaël s’enfonça trop profondément dans les rangs ennemis et fut massacré. Alors ses troupes décrochèrent et revinrent vers l’est.

Autour de Questembert les combats font rage. Alan et Even reculent vers la lande de Bony et kergralan puis ker an Tal (le village du Combat). Alain joue sa dernière chance, et sous le coup de l’inspiration, tombe à genoux et promet à Dieu, s’il lui accorde la victoire, de donner au pape à Rome la « dîme » (le dixième) de ses biens. Cette scène se serait passée au Pont-Prié !

La victoire est complète, des renforts  arrivent de partout, dont ceux venant du Blavet, les pirates scandinaves tombent sous les coups répétés et imparables des Bretons. Tout autour du Bodan, de Carnély, de Kersec jusqu’au moulin de Carné, les cadavres des Normands, par centaines et par milliers, jonchaient le sol. Bien peu de pirates réussirent à rejoindre leurs drakkars amarrés aux rives de la Vilaine.

Exaucé, Alain s’occupa alors de reconstituer l’unité de la Bretagne : celle-ci sera préservée de l’invasion étrangère pendant un quart de siècle. L’histoire, alors, à juste titre a magnifié le vainqueur en lui décernant le titre de « Libérateur de la Bretagne » celui d’Alan Meur en Français Alain-le-Grand et en troisième lieu, celui de « Père de la Patrie ».

On peut penser que des croix furent érigées en souvenir de la victoire d’Alain-le- Grand :

  • La croix Rochue, dans le quartier de Beau soleil, en bordure de route à gauche, en descendant.
  • La croix de L’Ormeau, à droite juste après la route qui conduit à Kerdin.
  • La croix du Pont-à-la Poêle, actuellement dans un terrain privé.
  • La Croix-Tuin, sur l’ancienne route de Péaule à un km du village de Ker-an- Gat, avant l’embranchement de la route qui mène au Bodan.
  • La Croix de Carnély, ce mot signifierait « ossuaire » …
  • La croix de Ker-an-Tal, (la ville du front) refaite, elle se trouve à ce jour sur un terrain privé.
  • La Croix du Pont Prié – (le Pont à Prières) Cette croix vient de retrouver sa place. L’original, cassé, a probablement été utilisée pour empierrer le chemin. C’est en 1991 que l’Association du Patrimoine la fit refaire à l’identique, sur ses deniers, à charge à la Municipalité de la remettre à sa place. Ce qui fut fait ce jour 12 juillet 2018 !

La Bataille de Questembert a-t-elle existé ?

Les informations concernant Alain le Grand sont fragiles. Les faits, les filiations, les dates, varient avec les auteurs. A Questembert même, la colonne du cimetière abattue en 1793, relevée en 1848, indique 878 pour date de la bataille, tandis que le monument érigé en 1907 affiche 890. Pour Arthur de La Borderie il s’agirait de 888. Pour les historiens modernes ce serait plutôt 890. En plus, selon certains d’entre eux, la grande bataille d’Alain le Grand n’aurait pas eu lieu dans la région de Questembert !

Les Croix Armées

Des croix curieuses et vieilles, probablement, jalonnent encore aujourd’hui le territoire où se déroulèrent les principales phases des combats. Il semblerait qu’un certains nombre de croix existent encore aujourd’hui, érigés probablement peu d’années après la bataille, pour garder précieusement le souvenir au cœur du peuple breton.

La Croix de l’Isle : Dites aussi Croix des Brières. C’est un monolithe de 1 m 80 de haut. Elle posa question aux historiens qui crurent découvrir sur sa face l’inscription « Amio Moro » ! En fait c’est le monogramme de Jésus : I.H.S. Dans ce monogramme, I’’ H’’ du milieu est coupé verticalement d’une croix grêle surmontant un cœur : une quatrième orne la base du fût. Plus bas, sur le côté du fût sont sculptés deux tibias croisés, cantonnés de trois têtes de mort ; une quatrième tête de mort isolée, orne la base du fût.

Etant donné son ancienneté on peut penser qu’elle fut érigée en souvenirs de ceux qui tombèrent près de Coët Bihan au cours de la bataille qui se livra entre l’armée bretonne et les pirates normands.

La croix Rochue : Taillée dans un bloc de granit, elle mesure 1 m 50 environ. Elle porte une épée dont la garde est convexe et retombe vers la lame qui occupe la longueur du fut. Deux cassures lui ont été causée par un camion fou, il ya quelques années.

La croix de l’Ormeau : C’est un beau monolithe de granit, assez plat et sans sculpture atteignant 2 m de haut. L’endroit où elle fut placée, vraisemblablement, un des points chauds de la bataille, après son vœu, il lança de Ker-en-Tal et des alentours, la grande attaque finale qui devait le conduire à la victoire.

La croix de Ker-an-Tal : « la ville du front » Cette croix armée, cassée a été restaurée se trouve à ce jour dans une propriété privée, pas très éloignée du Pont Prié. Elle se trouve être au centre de la bataille livrée contre les Normands.

La croix du Pont-à-la-Poêle : Ce nom correspond à plusieurs parcelles de terre de la vallée, et dont une pierre sculptée, ressemblant à une poêle à frire, y a été retrouvée. Cette croix est du même genre que la croix Rochue. Retrouvée cassée, elle fut restaurée par le propriétaire du terrain qui la garda « chez lui » !

La croix du Pont Prié : Cette croix a existé, (là, où Alain le Grand pria pour gagner la bataille), mais elle a disparu depuis bien des années. On suppose qu’elle a été utilisée pour faire la route. Une nouvelle croix a pris sa place, grâce à l’Association du Patrimoine qui, en 1991, en fit refaire une à l’identique. Elle vient de retrouver sa place initiale en juillet 2018. C’est, en cet endroit supposé, qu’Alan aurait mis genou à terre en implorant le ciel !

La croix de Tuin, dite aussi croix de « Ker-an-Gat». Courte, étroite, et assez irrégulière, elle porte trois « croisettes » en relief surmontées de cinq points (figurant les cinq plaies du Christ). Elle fut érigée sur les lieux les plus chauds du combat, à l’endroit où la retraite des Normands allait commencer à se transformer en déroute.

La croix de Carnély (Ossuaire) : Elle domine le vallon de Carnély où les normands furent encerclés et anéantis. Il est probable qu’un certains nombre de Normands furent inhumé dans les parages. Dans leur déroute, ils cherchaient à regagner leurs drakkars à « la vieille Roche » en Arzal.

Il est probable qu’après une première défaite, l’armée bretonne d’Alan poursuivie par les Normands reflua vers Coët Bihan et L’Isle et Cadelin. Puis une nouvelle défaite l’aurait conduit vers Questembert, pour y trouver du renfort, et la victoire !

            Voir sur notre carte le lieu de la bataille d’Alain le grand contre les Vikings, répertorié :