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Chapelle Notre Dame de l’O

La Chapelle NOTRE DAME DE L’Ô, se dresse, au lieu-dit, hameau de Bréhardec.

Ô  s’accompagnant de rites curieux et d’impressionnantes solennités en l’honneur de Notre Dame de l’Ô.

Sublimes prières qui expriment l’attente du Messie.

En 1891 fut entreprise une restauration partielle du bâtiment. Les murailles furent reconstruites sur une certaine longueur et la toiture remplacée. C’est ce dernier travail qui amena la découverte importante pour l’histoire de la chapelle : deux parchemins datant du 13ème siècle.

chapelle notre dame de l'o

Le premier parchemin :

L’an douze cent onze, cette chapelle a été bâtie en l’honneur de Notre Dame de l’Ô, en mémoire des Ô, qui commencent les antiphones de  Magnificat des huit jours qui précèdent la fête de Noël et qui expriment les désirs et l’anxiété des Saints Pères des limbes et de tout le monde qui attendaient le divin accouchement.

Les antiennes, prières chantées à deux chœurs, étaient au nombre de sept , chacune d’elles commençait par une invocation avec l’interjection Ô (Ô sagesse, Ô soleil levant, Ô roi des nations, Ô Emmanuel, etc.…) d’où le nom de la chapelle. La première se chantait le 17 décembre et les autres chaque jour jusqu’à la veille de la Nativité.

Le deuxième parchemin :

Nous apprend qu’au milieu du 17ème siècle, la chapelle s’en allant en ruines, le chapelain de l’époque, Messire LE GAL (1641 à 1678), en entreprit la restauration.

Il fit appel à ses « frairiens » lesquels, à cause de leurs ancêtres de tout temps enterrés dans la chapelle et dans le cimetière y attenant, ne marchandèrent point leur concours. Le chapelain compte particulièrement parmi ses collaborateurs les gens de Bréhardec, de Coëtbihan et de Le Sourd.

Le chapelain résidait ordinairement dans le village où il avait sa <  demeurance >, cependant on voit qu’au début du 18ème siècle, Messire Guillaume Bégo, habitait sa maison familiale à Kerostier.

Extérieur de la chapelle.

De forme rectangulaire, elle aurait appartenu primitivement aux Templiers ; l’édifice n’est pas un joyau d’architecture, pourtant sa façade ne manque pas d’une certaine allure, son clocher ajouré de deux baies en plein cintre et surmonté de cinq croix symbolisant les cinq plaies du christ.

Au dessus du portail d’entrée, une niche  accueille la statue en bois de Notre Dame de l’Ô.

La façade nord a subi un percement de deux ouvertures, une fenêtre et une porte. Cette entrée latérale est faite d’une ogive à voussures nervurées provenant d’une des chapelles de Coëtbihan (St Sauveur ou St Barthélémy).  Elle est surmontée d’une pierre où se lit : « rebâtie 1659 » .

Côté Est, en acrotère des chiens avec un os en travers de la gueule qui font le rapprochement avec Kronos le monstre dévoreur.

L’intérieur de la chapelle.

Le vitrail du maitre autel,  inauguré fin 19ème siècle , emplit une fenêtre flamboyante, la seule œuvre d’art que possédait autrefois ce modeste sanctuaire , une fleur de lys, reposant sur le meneau qui  sépare en deux la verrière , fournit au tympan une décoration originale et gracieuse.

Dans la baie de gauche, Saint Joseph,  le bâton fleuri à la main, écoute l’ange… dans celle de droite, Notre Dame de l’Ô tient l’Enfant Jésus dans ses bras. Des banderoles entourent ces personnages, l’une, porte les premiers mots des grandes Antiennes de Magnificat qui précèdent Noël, l’autre, les paroles de l’ange. Au bas de la verrière, deux prières : « Saint Joseph, priez pour nous et  Notre Dame, priez pour nous »

Devant le vitrail se trouve l’autel, œuvre de l’abbé Monneraye, qui remplace à Bréhardec  le chapelain d’autrefois et qui avait un grand talent de sculpteur.

Ajoutons que les statues de Saint Barthélémy et de Sainte Marguerite complètent l’ornementation de l’autel

Un grand retable genre renaissance, placé assez loin dans la nef, s’appuie à la longère nord. Notre Dame de l’Ô y préside, ayant à sa droite Saint Vincent Ferrier, à sa gauche Saint Cadoc et Saint Cornély  protégeant les bêtes à cornes, enveloppées de chapelets entrelacés.

Le bas du retable est occupé par quatre petits tableaux :

Un moine en prière se voit sur chacun des tableaux. On reconnait les évangélistes, Saint Matthieu et Saint Jean sont les plus curieux. L’aigle de Saint Jean n’est pas placé aux pieds de l’apôtre, mais il est perché sur une branche voisine. Saint Matthieu, avec une barbe imposante, une plume d’oie à la main, écrit son évangile.

Le mur sud est orné de quatre peintures :

La Crucifixion peinte sur bois, l’Assomption sur toile, la Nativité porte la date de 1716 puis la descente de la croix, de 1727, peint par  Hilarion Fraval, un maitre peintre Questembertois. Sa fille Anne  fut baptisée à Questembert en 1735.

Deux de ces tableaux ont été rénovés avec la contribution de l’association.

Il y a quelques années, on pouvait admirer, à Bréhardec, un calice remarquable, à large base et à coupe semi-sphérique, ainsi qu’une croix processionnelle d’une grande beauté et de grande valeur. Cette croix a été restaurée, faite d’une âme en bois enveloppée de cuivre, daterait du milieu du 16ème siècle. Ses extrémités dessinent un trèfle, orné du symbole des évangélistes encadré dans un médaillon en quartefeuilles. Un panneau carré au croisement des bras, porte sur la face la tête du Christ et au revers l’agneau mystique.

La fontaine

Une jolie fontaine complète d’une façon heureuse le pittoresque vallon que domine la chapelle. Une légende du pays la dit intarissable : lorsqu’une fontaine ou un puits voisins s’épuisent, il suffit d’un seau tiré dans la fontaine de Notre Dame de l’Ô pour ranimer la source tarie.

Parmi tous les fidèles, le vocable de cette chapelle était parfois changé en Notre Dame de l’Eau, où des processions étaient organisées lors grandes sécheresses.

L’usage est, au 15 août, jour de procession, de plonger dans la fontaine le pied de la croix processionnelle.

Le calvaire  et l’ancien presbytère

Au milieu de la place du village de Bréhardec se trouvent :

Une croix de granit, inscription 1650, solidement encastrée dans une pierre conique reposant sur un socle assez élevé.

L’ancien presbytère aux ouvertures remarquables.

La maison des associations, qui a servi de presbytère également et où le prêtre enseignait le catéchisme jusqu’en 1960.

Extrait du bulletin paroissial, Août  1954

Le 15 août 1954 à NOTRE DAME de l’O.

A Questembert nous avons une NOTRE DAME à nous !

En cette année mariale, pour célébrer MARIE, une année centenaire de la proclamation du dogme de l’Immaculée, il n’y aura pas de grand’messe et pas de vêpres à l’église paroissiale, on fermera boutique en ville, nous célèbrerons la fête de la vierge à Bréhardec..

La fête sera présidée par M le chanoine LAMOUR, vicaire général de Vannes. Il a bien voulu accepter de chanter la messe et le soir, de nous parler de la Vierge Marie.

La messe et les offices auront lieu en plein air (s’il fait beau) et un déjeuner pourra être pris sur place.

Le chapelain, M l’abbé GUILLAUME, aidé du père DREANO et de quelques séminaristes, préparent l’emplacement, la procession, le vaste podium, car on voulait une messe solennelle.

Des hommes des environs, malgré la moisson, prêtent bénévolement leur aide. On avait au préalable, dans les maisons, fait des kilomètres de guirlandes.

Les pèlerins arrivent, le chanoine LAMOUR va chanter la grand’messe. Plus de  300 personnes y assistent, ce fut pieux et priant.

Le ciel s’assombrit, la cloche s’agite en son modeste campanile. On chantera les vêpres à la chapelle. La foule arrive, dense, on comptera plus de 1500 personnes dans ce petit coin de terre ignorée. NOTRE DAME DE L’Ô, d’un pan de son manteau chasse les nuages, on pourra sortir, le sermon est donné par le vicaire général. Des mots simples, compréhensifs de tous, avec des conseils pratiques, sûrs, pour la dévotion du chrétien à notre mère MARIE.

La procession sort et s’organise. De mémoire d’homme, on n’avait jamais rien vu de pareil à Bréhardec, où cependant chaque année il y a de très belles fêtes.

Elle se terminera par le beau cantique < CHEZ NOUS SOYEZ REINE > chanté à pleine voix par la foule, heureuse de solenniser NOTRE DAME DE L’Ô.

Les nuages s’amoncellent, c’est l’orage….l’essentiel était là….QUESTEMBERT, en ce 15 août avait magnifiquement célébré la madone honorée ici.

Personne ne regrettera d’être allé à NOTRE DAME de l’Ô le 15 Août.

Eliane LE RAY, Paule DUVAL