Monuments

Notre clocher et ses cloches

Le plan de notre clocher

Le 21 avril 1897, on installe les trois nouvelles cloches :

  • Jeanne-Marie-Vincente, 1481 kilos,
Jeannine Marie 1481 kg et à sa droite Anne Marie (1962) 735 kg

  • Aline – Pélagie – Fidèle : 737 kg
Aline Pélagie la cloche de l’ancienne église St Martin du Vertou, elle date de 1851. Poids 800 kg

  • Anne Marie Jeanne  600 kg date de 1962 – probablement lors de la réfection du clocher.
Anne Marie donnée pour 735 kg – 25 mars 1962
  • Marguerite Marie 474 kg – couchée sur le coté.

    La bénédiction se fit le 21 avril 1897 de : Jeanne Anne Marie 1481 kg, Anne Marie 737 kg et Marguerite Marie 474 kg, toutes les trois fondues par Monsieur Havard à Villedieu les poêles.

          Aline Pélagie Fidèle est la seule conservée de l’ancien clocher.

          Un Rappel : Quelques heures après leur bénédiction, on procédait au montage des cloches dans le beffroi dont la charpente provenant d’un superbe chêne de Boquenay avait été construite par Pierre Le Guennan entrepreneur à Questembert. Plusieurs curieux étaient montés sur le plancher de l’horloge. L’un d’eux, Joseph GRAYO, reculant malencontreusement dans la trappe, tomba sur le plancher inférieur sept mètres plus bas. Il devait mourir peu après et le premier son des cloches a été pour son glas funèbre.   

Monuments

Presbytère

L’ancien Presbytère

          La création de la «  maison presbytérale », date approximativement de la construction de l’église SAINT MARTIN DU VERTOU, c’est-à-dire 1490.

          De nombreux prêtres, souvent originaires de la paroisse où ils exerçaient, n’habitaient pas au presbytère. Chaque chapelain (curé de sa chapelle)  résidait dans sa frairie. Ainsi pour  tous les membres du clergé rural, l’existence coulait tranquille et sans heurts.

          La maison presbytérale est réservée au recteur, à ses « subeurés », au « chantre », au « sacriste », (Le custode de l’église ayant en charge les ornements et le matériel en général).

          Le domaine, à l’époque, comprenait les maisons d’habitation, la cour principale incluant les remises et les écuries, le jardin au nord, avec en son coin nord-ouest, une loge et pavillon,( maintenant en ruine). Les herbiers ou « noés » à l’ouest ou tout près la pâture, dite « le vivier du pré », où se trouvait la tonnelle formée de grands arbres, la pièce d’eau et son ilot au milieu. On y accédait par la cour bordée d’arbustes  et de verdure.

          A droite le lavoir, au milieu le local des lavandières, et au fond on aperçoit l’entrée de l’ancien presbytère.

          Texte écrit par le chanoine MAX NICOL lors de son court séjour à Questembert en 1800 :

          Le soir vient, un de ces soirs d’été doux et calme où l’on se recueille sans effort, tant le silence de la nature favorise le silence de l’esprit.

          A mes pieds s’étend un lac miniature (le vivier du presbytère) orné d’un ilot microscopique qu’un pont de bois relie à la terre ferme. Les vieux arbres qui entourent le siège rustique où je griffonne, forment autour de moi un rideau de verdure qui laisse apercevoir pourtant les murs du presbytère.

          Plus de vingt recteurs se sont succédés chez nous entre le 15éme siècle et la révolution, dont : YVES de COETNOUR, dont une pierre des murailles de  l’ancienne église garda le nom jusqu’à la ruine de celle-ci. GUILLAUME LE CADRE, RENE FRANCOIS LE MAUFF, originaire de Questembert, RENE GABRIEL, qui marqua la transition entre l’ancien et le nouveau régime.

          On trouve pour la dernière fois la signature de René Gabriel en 1792. Messire Gabriel embarque pour l’Espagne avec vint quatre confrères, peut être tous vicaires.

          Après leur départ, l’église fut, comme beaucoup d’autres, réquisitionnée par l’armée pour servir d’écurie et de magasin à fourrage.  Quand au presbytère, occupé par une garnison, les chouans y mettent le feu.

          En 1801, messire RENE GABRIEL  est rappelé par la municipalité pour reprendre possession de son ancienne résidence, mais quelle impression de dépaysement, d’amertume et de regrets, ce n’était plus que des ruines occupées par quelques pauvres gens.

          En 1825, la nouvelle municipalité votait un impôt extraordinaire pour la reconstruction du presbytère.

          Le successeur de René GABRIEL, Louis le BORGNE et l’abbé Athanase MOURO firent la cession de plusieurs anciennes dépendances.

          Le successeur de messire LE BORGNE, le curé PIERRE GOMBAUD effectue diverses réparations entre 1846 et 1866.

          La néfaste loi de la séparation de 1905 confisque le presbytère, affectant à la commune les logis, cours et jardins. Les prairies et « les noés » furent attribués au bureau de bienfaisance.

          La municipalité fixe un loyer pour le presbytère. A l’expiration du  bail monsieur le curé MITOUARD, après une entente avec la commune et monsieur BERNARD érigea en presbytère la propriété BERNARD  qui avait l’avantage d’avoisiner de très près l’église. Monsieur BERNARD Jean François Docteur Médecin Chirurgien décéda le 31 décembre 1866.

          Depuis lors, le vieux domaine dont l’origine se perdait dans le lointain des siècles, semble n’avoir plus d’âme à trainer, comme à regret, il mène, une existence banale et factice.

Le nouveau presbytère

          Il date de 1821 et fut construit par Jean François BERNARD et son épouse. Lui, était médecin chirurgien.

          Jean François BERNARD est né le 23 mars 1784 à QUESTEMBERT de parents marchands de draps. Il décéda le 21 décembre 1866. Marié le 16 août 1809 à QUESTEMBERT avec Marianne MARION née le 21 octobre au Gohan.

Madame BERNARD décéda le 30 mars 1872 à QUESTEMBERT.

Sa pierre tombale, retrouvée par hasard, est revenue à ce jour dans la cour de son ancien logis.

Monuments

Maison Le Guennégo

 L’hostellerie Le Guennego

L’hostellerie Le Guennego est l’une des plus vieille maison de la ville. Les textes évoquent une reconstruction de cette maison dans la première moitié du 16ème siècle, avant 1540. À cette époque la façade Sud avec son pignon sur rue possède une structure à pan de bois et une boutique qui fonctionne en relation étroite avec l’activité commerciale de la cohue, précédant les halles actuelles.

Des remaniements postérieurs, notamment de lourds travaux réalisés dans la seconde moitié du 19ème siècle, ont concerné la reconstruction de la façade, la suppression de la structure à pan de bois, la modification partielle des planchers et des aménagements intérieurs, comme par exemple la suppression des cheminées anciennes.

La tour d’escalier et la partie Ouest du logis couverte en appentis ont cependant échappé aux travaux de modernisation. La tour d’escalier constitue l’élément architectural le plus abouti. Contrairement à la toiture de l’escalier de l’hôtel voisin – l’hôtel de Belmont – celle-ci n’a pas été (ou peu) modifiée depuis sa création au 16ème siècle.

En 2002, le bâtiment a été acheté par la ville et a fait l’objet d’une importante restauration. Il abrite désormais l’office du tourisme Rochefort-en-Terre Tourisme.

Monuments

Église St Martin de Vertou

            L’église Saint Pierre a été construite sur les ruines d’une ancienne construction, dédiée à l’église Saint Martin de Vertou, Saint Pierre en étant le protecteur secondaire.

            L’église Saint Martin de Vertou datait d’avant 1497 (une pierre encastrée dans le mur d’enceinte au sud du cœur porte gravée en caractères gothiques le nom de J COETMOUR, recteur de Questembert  de 1497 à 1515).

Un dessin de l’église St MARTIN de VERTOU

            Au milieu du pignon ouest s’ouvrait le portail principal, qu’on surmonta en 1847, d’une tribune, on y accédait par un escalier en pierre. Au Sud, une porte nommée la porte des hommes ou porte des gueux, son ouverture faisait  face à la chaire à prêcher adossée au mur nord. Une autre porte était réservée aux femmes et aux enfants.

            L’église Saint Martin comportait deux nefs, la nef principale dite du Saint Sacrement et l’autre du  Rosaire.

            A l’intérieur aussi, on trouvait, dans le transept Nord : l’autel Ste Anne, l’autel de la Vraie Croix, la chapelle du château d’EREC,  et la sacristie. Dans le transept Sud se trouvait la chapelle de Notre Dame de la pitié.

                       La chapelle Saint Julien faisant suite à la chapelle St jean, était séparée de la nef par un balustre. On transféra en 1655, dans la chapelle Saint Jean, les fonds baptismaux (la coutume  était d’usage d’inhumer les enfants sous les fonds baptismaux). Ce baptistère se trouve actuellement dans la cour du presbytère.

Le baptistère, et les deux poids de l’ancienne horloge

            Avec des parties maintes fois restaurées et ajoutées, les dates  de 1640 et 1777 en témoignent.

          Cet ensemble sculpté en granit, probablement du XVe siècle, est une ancienne cuve baptismale avec sa piscine déversoir.

          Il porte les marques d’un ancien couvercle qui devait préserver la pureté de l’eau bénite, et éviter les vols. La petite piscine déversoir latérale permettait de verser l’eau sur le front du baptisé sans souiller la réserve d’eau pure.

          Ces fonts baptismaux adoptent la forme de l’octogone, classique pour un baptistère.

          Cette figure géométrique, qui allie le carré et le cercle, représente l’alliance de la terre (le carré) et du ciel (le cercle) pour signifier que le baptisé, créature terrestre, devient, par le baptême, enfant de Dieu. Dans la Tradition chrétienne, le chiffre 8 évoque la création nouvelle réalisée par la résurrection du Christ au matin du dimanche de Pâques (8e jour).

          Le clocher était à l’intersection de la nef principale et du transept, supporté par quatre piliers renforcés, celui du sud-est, était flanqué d’une tourelle renfermant l’escalier qui menait au beffroi.

          Sur un croquis conservé au presbytère, on remarque au sud-est de l’édifice, une tourelle avec un toit en poivrière.

          Plusieurs cimetières entouraient l’église, dont le plus important au nord, renfermait le reliquaire qui a donné son nom à la rue voisine, au sud : le petit cimetière. Le parvis ouest semble avoir été occupé par un autre petit cimetière. Et au Sud aussi un autre cimetière.  Ce qui n’empêchait pas d’enterrer les morts dans l’église !

          Un hangar abritait la chaux et autres matériaux.

          Des noyers y poussaient, on vendait ses fruits au profit de la fabrique.

un exemple d’enfeu
Sur un acte de 1598, est notée la présence d’un enfeu des LE BEL et des BELLUNO

          Le beffroi possédait aussi une horloge, le cadran est toujours entreposé dans les placards de l’église, les poids sont maintenant mis en valeur dans la cour du presbytère. (Voir photo du baptistère)

          Notre vieille église, lasse sans doute d’avoir abrité tant de défunts, étant elle-même, marquée par la mort, allait succomber sous le poids des ans.

          En 1860, l’église menaçant de ruine, une reconstruction s’impose. Le curé GOMBAUD  est chargé par le conseil de fabrique de s’en occuper.

          L’église St PIERRE sera ouverte pour les offices en cours d’année 1986. Mais, c’est le 21 avril 1987 que Mgr BECEL viendra bénir les cloches avant de les monter dans le Beffroi : trois nouvelles et une de l’ancienne église.

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Église Saint Pierre

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SON HISTOIRE…. Tirée du document ci dessus !

Le clocher, c’est un peu l’identité d’une ville, d’un village. Revenant de voyage, nous savons que nous sommes arrivés dès qu’on l’aperçoit dans le lointain et, sous sa flèche tutélaire nous nous sentons chez nous avec cette impression de sécurité que procurent le phare pour les marins, le nid pour les oiseaux.

Notre clocher fêta son centenaire, c’est-à-dire celui de sa bénédiction le 21 avril 1997. Cette tour a été ardemment désirée par beaucoup, haïe par certains et combattue par l’administration de l’époque. Trente-cinq ans avant, il en avait été de même, sous un régime différent, pour bâtir l’église dont le clocher est l’achèvement et la partie intégrante. A cette occasion je me permets de retracer de 1854 à 1897 les événements qui ont permis et justifié notre église telle qu’elle est aujourd’hui.

 L’ancienne église.

Le répertoire archéologique du Morbihan nous dit : « Église de Questembert, du moyen âge et dédiée à Saint Martin de Vertou, abbé. » Ceci est bien vague, quand on sait que le moyen-âge a duré 1 000 ans, de la chute de l’empire romain en 475 à la prise de Constantinople en 1453. D’après les croquis qui restent concernant cet édifice, nous savons qu’elle mesurait environ 30 mètres de long sur 12 mètres de large soit pratiquement deux fois moins grande que l’église actuelle, constituée de deux nefs intérieures, celle du maître autel et celle du Rosaire. Tel était son schéma en 1863, mais au cours des siècles elle avait subi de nombreuses restaurations car sa maçonnerie était de qualité médiocre. Les XVIe, XVIIe, XVIIIe siècles lui avaient redonné une certaine jeunesse, et même une quasi reconstruction en 1650, entourée du cimetière dont en 1863 il restait celui du nord à la place actuelle du Reliquaire et un petit au sud.

La Révolution l’avait laissée dans un état de délabrement invraisemblable. Le clocher était tombé après l’enlèvement des cloches, les nefs avaient servi de magasin à fourrage où on emmagasinait entre autres le foin et les grains des terres des émigrés, et autres produits. Les vitraux avaient été démolis pour récupérer le plomb, bref, on ne pouvait même plus s’en servir pour les élections qui avaient lieu sous les halles ou à Saint-Michel, Après le Concordat en 1 802 une restauration lui avait permis de retrouver un fonctionnement normal sans plus. Monsieur GABRIEL  revenu d’exil s’en contente de même que Monsieur Le BORGNE qui lui succède.

Monsieur  le curé GOMBAUD était un homme exceptionnel qui se révèle, dès son arrivée en 1845, un grand bâtisseur. Ses préoccupations sont, en fonction de ses grandes aptitudes : Construire ou aménager des écoles : au Marchix, l’école communale des garçons, au couvent, l’école des filles et l’hospice, la buanderie du lavoir du presbytère, le tout payé de ses deniers !

I1 faut construire du neuf.

A peine sorti de ces constructions, Mr le curé  GOMBAUD  se penche sur le problème de l’église paroissiale et fait, au Conseil de Fabrique, le 29 janvier 1854 la déclaration suivante: « Considérant que notre église dont plusieurs parties menacent ruine, est loin de pouvoir contenir les fidèles de la paroisse qui renferme une population de près de 4000 habitants, tous catholiques ; considérant qu’à l’heure des offices divins une partie des fidèles se presse tumultueusement dans l’intérieur du temple, et l’autre qui ne peut y pénétrer demeure à l’extérieur exposée aux injures de l’air, indifférente aux mystères qui se célèbrent et aux instructions qu’elle ne peut entendre. Considérant le nombre effrayant des enfants mort-nés constaté sur les registres de décès et qui pour l’année 1853 seulement s’élève à 13, nombre qui ne se trouve proportionnellement dans aucune des paroisses environnantes et qu’on ne saurait attribuer au moins en partie au malaise des mères pressées pendant l’office et comme suffoquées au milieu d’une foule compacte, que plusieurs personnes tombent malades, surtout pendant les chaleurs de l’été. Considérant combien cette situation est inconvenante, déplorable et dangereuse, combien elle afflige le pasteur à qui Dieu a confié le troupeau, combien les fidèles en gémissent eux-mêmes reconnaît et décide d’agrandir l’église paroissiale … « 

Le frein de l‘administration.

Monsieur le curé GOMBAUD utilise tous les arguments dont il peut disposer, mais le Conseil de Fabrique ne peut financer à lui seul un tel projet. On est sous le régime du Concordat et l’État qui paye les prêtres et contrôle la Fabrique doit aussi participer à l’immobilier. L’administration a toujours pris son temps avant de prendre des décisions et les choses en restent là.

Six ans plus tard le 7 octobre 1860, le Conseil de Fabrique reprenant les mêmes arguments en rajoute un peu : « Considérant que la population va toujours en augmentant et qu’elle va s’accroître encore davantage par l’établissement des chemins de fer, considérant la mauvaise disposition de l’église actuelle, reconnaît et décide la nécessité urgente de bâtir une nouvelle église paroissiale, assez spacieuse et assez élevée pour remédier aux graves inconvénients ci-dessus énoncés … »

Dans la foulée, le Conseil présente un projet d’église dont le devis s’élève à 111 683 francs. La Fabrique pourra réunir au maximum 82 292 francs. Le Conseil demande donc à monsieur le Ministre des cultes de lui fournir la différence. Nous sommes, à Questembert comme à Paris, comme dans toute la France, dans l’ère des grandes transformations. La ville qui jusqu’alors restait identique à ce qu’elle était au siècle précédent, vient en une dizaine d’années d’acquérir et aménager la Mairie au Marchix, construire l’école communale des garçons, le couvent avec l’école des filles et la chapelle attenante, la rue Alain le Grand actuelle que dans ma jeunesse on appelait encore la « rue neuve ». Ce quartier quin’existait pas a donné à notre cité une allure nouvelle avec ses beaux immeubles. Le chemin de fer qui sera inauguré en 1861 est en construction et utilise une main d’œuvre considérable. Alors que précédemment on allait à Noyal par le Pont-plat et à Berric par la rue de la Laine et le Moulin glau, des routes nouvelles sont établies telles qu’aujourd’hui.

Ce projet d’église a de l’allure, une petite cathédrale avec deux tours. Peut-être ce projet était-il critiquable, il avait surtout l’inconvénient d’être beau et d’avoir été conçu par un architecte de talent, monsieur Le RAY de Redon. Sans doute une certaine jalousie irrite les décideurs. Le même projet présenté par un Vannetais bien connu de la commission départementale eût été certainement accepté avec enthousiasme. Le projet est refusé par la commission. Modifié dans certaines parties critiquées, il est représenté et, le 15 juillet 1861, rejeté définitivement comme trop ambitieux, et peu sûr, par la dite commission, qui invite le maire à prendre un autre architecte.

Alors on répare !

   Nous sommes au 1er septembre 1861, et grande est la déception du curé de Questembert, du Conseil de Fabrique et de toute la population. Croyant bien faire, le Conseil de Fabrique décide de construire une église avec le concours de l’architecte diocésain et demande l’autorisation, si cela tarde trop, à commencer aussitôt les réparations et les agrandissements nécessaires.       Gêné par les difficultés qu’il a à faire approuver son plan, monsieur le curé GOMBAUD se décide donc à réparer et agrandir sans plan d’ensemble en consultant l’un et l’autre au fur et à mesure que les travaux: avancent. Notre église n’est donc pas une église neuve, mais l’agrandissement de l’ancienne à partir de l’angle sud-est qui reste en place. Monsieur GOMBAUD n’était pas trop gêné pour le financement de l’ouvrage. Un de ses confrères venait de lui léguer personnellement une somme importante, destiné à l’œuvre de son choix.

   Il faut quand même le temps nécessaire à la préparation de ce chantier et le 20 mars 1863 on annonçait au prône des messes dominicales que tous les gens de bonne volonté étaient invités à venir enlever la terre du cimetière. Le 21 avril le toit du fond de l’église était démonté. Monsieur GOMBAUD avait imaginé de commencer la construction tout en conservant l’église partiellement. Les cérémonies pourraient donc continuer sans déménagement. C’était compter sans les bruits du chantier, la poussière et les intempéries et dès le 3 mai les offices sont célébrés à la chapelle des sœurs (couvent) et à Saint Michel. Au fur et à mesure de la démolition de la vieille église, les matériaux récupérés sont réutilisés ou vendus. Une fondation est constituée pour qu’une messe soit célébrée tous les mois aux intentions des bienfaiteurs de la nouvelle église.

Les premiers travaux.

Le 17 mai a lieu la bénédiction et la pose de la première pierre. Grande cérémonie où Monsieur le curé  GOMBAUD pose dans le sol, à l’emplacement du maître-autel actuel, une pierre où se trouvent scellées, une médaille de Marie immaculée, une autre à l’effigie du pape Pie IX et une pièce de monnaie à l’effigie de l’Empereur, en présence d’une foule de paroissiens, des prêtres de la paroisse, du maire, Monsieur Le FRANC et son conseil municipal, des membres de la Fabrique et de monsieur Jean FOLLIARD de TRESSIN dans le Nord, constructeur de l’église.

Régulièrement par la suite, on annonce aux prônes du dimanche, des charrois de sable, de pierre, de chaux. Les pierres et le sable sont pris aux carrières de Henlay, du Calvaire, du Godrého, Plestregouët, Cléherlan, La Hélay, Serguin, du Chemin de Fer (?), et à celle de « Jean des Pommes ». (J’ignore où pouvait se trouver cette carrière)

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L’église que nous aurions pu avoir

Monsieur le curé GOMBAUD  n’exige rien, mais il sollicite la générosité de ses paroissiens. Trois journées de travail de la part de tous les hommes, pour les charrois, le nettoyage, creuser les fondations. Ces corvées sont organisées par quartier. Toute la paroisse est à pied d’œuvre et quand vers la fin des travaux les trois journées ont été épuisées, ce sont d’autres journées qui sont généreusement accordées à cette construction.

Le mercredi 7 septembre 1864, Mgr DUBREUIL  vient en visite privée se rendre compte de l’avancement des travaux. Il constate qu’une partie de l’ancienne église prend un angle de la nouvelle. C’est la partie intérieure de l’actuelle chapelle de semaine. Certes, l’organisation laisse parfois à désirer et en avril 1865 les travaux sont arrêtés quelques jours car les déblais sur place sont si importants que les terrassiers ne peuvent poursuivre le creusement des fondations.

Ouverture au culte.

Enfin dès le début de 1866, les travaux étant bien avancés, le bâtiment hors d’eau, les paroissiens sont invités au nettoyage des lieux et le 10 mars « la Grande église » est ouverte au culte du dimanche. Les bancs sont mis en place progressivement et les places louées.

De toujours, l’ancienne église était connue pour être dédiée à Saint Martin de Vertou, Saint Pierre en étant le protecteur Secondaire. Pour la nouvelle le curé décide d’inverser les rôles Saint Pierre détrône Saint Martin. Apparemment cela ne fait ni chaud ni froid aux paroissiens, cela devait paraître normal puisque le principal artisan de cette construction s’appelait Mr le curé Pierre GOMBAUD.

Monseigneur DUBREUIL est nommé évêque d’Avignon. Son remplaçant est Monseigneur BECEL, grand ami de monsieur GOMBAUD. Sacré à Paris le 25 juillet, il arrive par le train à Questembert le lundi 30, où accueillit solennellement il se rend en procession à l’église qu’il bénit. Il repart l’après-midi pour Vannes prendre possession de son diocèse et invite Monsieur le curé GOMBAUD à l’accompagner dans son compartiment.      

I1 faut meubler.

Le culte est désormais célébré tous les jours à la Grande église et les fidèles, comme le clergé, apprécient sa clarté et son espace. Maintenant il faut la meubler, la décorer. Un marché et passé de suite avec monsieur Le BRUN sculpteur réputé de Lorient, pour la fabrication des boiseries du chœur, des autels de la Vraie Croix et de Sainte Anne, les stalles, quatre niches à statue entre les fenêtres du chevet et la sainte table. En juin 1868 tout est à sa place. Aux niches du chevet on remarque Saint Martin de Vertou à droite et la statue de Saint Pierre à gauche. Ces deux statues ont été sculptées au début du siècle par le sculpteur PAGES de Nantes. Le curé invite les paroissiens à faire des dons pour payer ces travaux et met les stalles en location, cinq francs par an. Dans le même temps les fenêtres sont garnies des vitraux par Eugène DENIS, maître verrier à Nantes, pour la somme de 9 000 francs.

La statue de Saint Pierre fut en 1888 transformée en Saint Joseph et placée sur la façade de l’école paroissiale Elle fut remplacée dans la niche par une très belle Vierge à l’Enfant de la fin du XVIII è, précédemment dans l’église. Celle-ci fut « empruntée » en 1945 par le chapelain de la chapelle de Lesnoyal où elle se trouve aujourd’hui.

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Inscriptions sur la première pierre de l’église

Le  sol est toujours en « terre battue » et en 1868, un dallage est posé avec des dalles provenant de Bocquenayt. Le ministère des cultes, octroie 9 000 francs à la commune pour aider au règlement de cette dépense. Nous voilà donc avec une église spacieuse, bien équipée pour un début, et se prêtant parfaitement aux grandes cérémonies que Monsieur le curé GOMBAUD aimait organiser. Pour donner un peu plus de solennité à ces cérémonies et maintenir l’ordre, le Conseil de Fabrique décide en 1869 d’engager un Suisse. Cet employé est revêtu de l’autorité ecclésiastique et civile. En outre, à la demande des familles qui le désirent, il pourra assister aux mariages et aux enterrements pour la somme de 1 franc.

 Les habitants de Questembert devaient le 30 avril 1871 témoigner à Monsieur le curé GOMBAUD l’estime dans laquelle ils le tenaient pour son action religieuse, mais aussi son action sociale. En effet, l’avènement de la troisième République déclenchait pour la première fois des élections municipales au suffrage universel Monsieur le curé GOMBAUD y était élu très largement conseillé municipal. Les travaux se poursuivent sans relâche, au fur et à mesure des possibilités financières : le chemin de croix et la restauration des statues de Saint Pierre et Saint Martin en 1869, la sacristie nord en 1872, celle du sud en 1873, la chaire à prêcher en 1875. Monsieur le GOMBAUD, très fatigué, y monte pour l’inauguration ; il n’y prêche plus et meurt le 14 novembre de cette année. La Vierge de Lourdes est installée en 1883, le Christ sur un pilier sud de la nef en 1884, les enduits intérieurs de 1886, le maître autel en 1888. De nombreux ornements liturgiques sont achetés ou offerts durant cette période. Les bancs sur lesquels nous nous assoyons aujourd’hui ont été posés en 1892, de même que l’orgue. Près d’une église il faut des cloches, donc un clocher. Comme cela est impossible dans l’instant, une cabane en bois est construite dès 1864 à côté de l’entrée latérale nord. Une charpente soutient les cloches qui malgré les mauvaises conditions assureront malgré tout, les fonctions qui sont les leurs. Cette affreuse baraque n’était que provisoire, bien sûr, mais le provisoire dure longtemps et les Questembertois s’habituèrent à voir cette verrue près de l’église inachevée elle aussi.

L‘administration républicaine s’oppose au clocher.

Monsieur le curé GOMBAUD est remplacé par Monsieur le curé BRIANT. Dès son arrivée, celui-ci se penche sur un projet de clocher. Le bâtiment avait été conçu pour recevoir deux tours comme le premier projet d’église de Monsieur Le RAY, mais cette ambition se heurtait à deux obstacles majeurs : le coût énorme et l’opposition de l’administration. Nous n’étions plus sous l’Empire, mais la Troisième République: Les fonctionnaires anticléricaux étaient légions et ne tenaient pas à voir à Questembert une tour qui leur semblait le symbole de la dictature cléricale. Les deux tours sont abandonnées et l’objectif d’une tour est mis en veilleuse pour quelque temps. Cependant, ce projet revenait régulièrement au Conseil de Fabrique et à la mairie. Les demandes verbales étaient toujours repoussées et en 1885 une demande du Conseil municipal se voit refusée officiellement sans motif.

Construction de la tour.

Après beaucoup de demandes vainement renouvelées, la Préfecture autorise enfin les travaux en 1895. Monsieur Pierre Marie BECEL est alors curé doyen de Questembert depuis 1887. Le plan avait été élaboré par Monsieur PERRIN  architecte et les travaux confiés à l’entreprise RICORDEL de Pontchâteau qui donne le premier coup de pioche le 19 août. Comme la façade arrière de l’église avait été conçue pour recevoir deux tours, il faut la modifier pour recevoir la tour en son milieu et le pignon est démoli jusqu’à hauteur du premier étage du clocher.

Le clergé demande à la municipalité de modifier le projet à sa partie inférieure, faisant remarquer l’avantage qu’il y aurait à y ajouter deux annexes latérales. D’une part l’emplacement de la tourelle de l’escalier y trouverait sa place, l’annexe nord ferait un emplacement très convenable pour les fonts baptismaux, celle du sud un débarras très spacieux et d’autre part cela donnerait une façade mieuxadaptée et plus en harmonie avec l’immense largeur de l’église. Ces arguments persuadent les municipaux et l’architecte. En plus il est décidé de construire deux tribunes à l’intérieur, pour les enfants des écoles qui jusque-là encombrent la nef.

La construction avance rapidement et le 2 mai 1896 posait la première assise de la flèche qui est achevée le 7 août. Le 11 août, la croix était fixée au sommet. Elle mesure 2,50 mètres de hauteur, la tour 55 mètres. Elle a coûté 60 000 francs payés par la commune à l’exception de 1 000 francs payés par la Fabrique. Du sommet on jouit d’une vue exceptionnelle sur les environs. L’auteur de ces lignes en sait quelque chose, lui qui pendant et aussitôt la dernière guerre est monté bien souvent à l’observatoire installé par les Allemands à quelques mètres du sommet. Par temps clair on voit la mer et ses îles, depuis le Croisic jusqu’aux environs de Lorient ; il parait que l’on voit même la Loire. Avec de bonnes jumelles on peut découvrir au moins 70 clochers, à l’œil nu environ 45.

Bénédiction des cloches.

Le 21 avril 1897, pour mettre un terme à cette construction considérable et tant espérée, Mgr BECEL, évêque de Vannes et frère de notre curé, vient spécialement à Questembert pour bénir les trois nouvelles cloches. Après une messe pontificale eurent lieu les bénédictions de Jeanne-Marie, 1481 kilos, Anne-Marie 737 Kilos et Marguerite-Marie 474 kilos, toutes les trois fondues par Monsieur HAVARD à Villedieu les Poëles. Aline Pélagie Fidèle, la deuxième dans l’ordre des poids est la seule conservée de l’ancien clocher, elle date de 1851.Quelques heures après la bénédiction, on procédait au montage des cloches dans le beffroi dont la charpente provenant d’un superbe chêne de Boquenay avait été construite par Pierre Le GUENNAN entrepreneur à Questembert. Plusieurs curieux étaient montés sur le plancher de l’horloge. L’un d’eux, Joseph GRAYO, reculant malencontreusement dans la trappe, tomba sur le plancher inférieur sept mètres plus bas. Il devait mourir peu après et le premier son des cloches a été pour son glas funèbre. Là ne s’arrêtent pas les aménagements de l’église. Les tribunes commencées en juin 1997 se terminent en juillet. Les annexes commencées à la même date furent achevées en octobre, le carrelage en juin 98 et le baptistère en novembre. A cette date aussi, est posée la très belle grille des fonts baptismaux fabriquée par Mathurin MARQUER (mon grand-père). Pour achever cette construction, le tympan en granit de Kersanton, comme les plus beaux calvaires bretons, est posé le même mois.

En Conclusion.

 Après le récit de la construction de cet ensemble religieux, que représentent une église et son clocher, je pourrais évoquer ici le journaliste Charles DANIELOU qui, il y a 90 ans jour pour jour, le 21 avril 1907 à Questembert, prononçait le panégyrique d’Alain Le Grand, lors de l’inauguration du  monument à sa mémoire.

«  0 plaine de Questembert, si ta poussière pouvait parler, qu’elle nous  dirait d’héroïques choses …

O plaine de Questembert, si ta poussière pouvait parler, qu’elle nous dirait de tragiques choses …

O plaine de Questembert, si ta poussière pouvait parler, qu’elle nous dirait de glorieuses choses … « 

Depuis cent ans ce clocher a marqué les jours et les heures de la vie de Questembert. Les grands événements, comme le tocsin des guerres ou des incendies avant 1945, les glas des morts, les carillons des grands jours, victoire de 1918, libération en 1944, sacre d’évêque, ordinations de prêtres, premières grand-messes, baptêmes et mariages, l’angélus trois fois par jour soit environ 110 000 fois. Quel plaisir pour les enfants et les plus grands de se pendre aux cordes les jours de baptême, avant l’électrification, Démarrer la grosse cloche nécessitait deux personnes au moins avec un levier. Même si cette époque est révolue, il ne reste pas moins que notre tour, associée avec les halles identifie Questembert, sur cartes postales, publicités commerciales ou touristiques.

 Les cloches n’ont pas d’âme, mais elles sont imprégnées dans les nôtres. Juchées dans des campaniles de plus en plus hauts afin de faire entendre leur voix le plus loin possible, elles sont dans nos mœurs, nos coutumes et la modernisation ne les a pas encore supprimées. Leur origine se perd dans la nuit des temps. Le livre de l’Exode nous en parle à propos du Grand-Prêtre Aaron ; elles avaient alors une fonction symbolique. Sous la dynastie des Tchéou 1 000 ans avant J.C., les Chinois savaient fabriquer des cloches, les Romains les appelaient « campana », parce que fabriquées en Campanie (d’où le nom de campanile) et leur usage d’église date du VIIè siècle. On leur prête la faculté de chasser les tempêtes, écarter la grêle et neutraliser les maléfices. Ce sont presque des êtres vivants que l’on baptise, qui ont une voix, pleurent le glas des morts, chantent le carillon des baptisés, jettent les appels angoissés du tocsin ; elles annoncent à toute la population les événements de la vie locale et marquent les heures de la journée. Nous sommes fiers de cette tour, la plus conséquente de la région. Le temps, le vent, les tempêtes, souvent l’ont ébranlé et les municipalités qui se sont succédées ont toujours consenti les efforts nécessaires à ses réparations. Depuis cent ans, les Questembertois ont fait ce qu’il fallait pour que cet appel à la prière persiste ; mais aussi et plus simplement pour que cette tradition à laquelle nous sommes attachés jusqu’au tréfonds de nous-mêmes continue à se perpétuer, afin que nos cloches rythment encore et toujours la vie de notre cité. Le manque de prêtres résidants, le refus du bruit et un certain fatalisme ont anéanti cet usage dans bien des villes et des villages. Les prétextes sont nombreux pour cela, sachons les repousser afin que notre clocher et ses locataires chantent à jamais les joies et les peines des Questembertois.

Texte, quasi intégral, rédigé par Armel MARQUER pour le centenaire  du clocher en avril 1997.

Monuments

Église Saint Pierre de Questembert

Notre clocher et ses cloches

Le plan de notre clocher

Le 21 avril 1897, on installe les trois nouvelles cloches :

  • Jeanne-Marie-Vincente, 1481 kilos,
Jeannine Marie 1481 kg et à sa droite Anne Marie (1962) 735 kg

  • Aline – Pélagie – Fidèle : 737 kg
Aline Pélagie la cloche de l’ancienne église St Martin du Vertou, elle date de 1851. Poids 800 kg

  • Anne Marie Jeanne  600 kg date de 1962 – probablement lors de la réfection du clocher.
Anne Marie donnée pour 735 kg – 25 mars 1962
  • Marguerite Marie 474 kg – couchée sur le coté.

    La bénédiction se fit le 21 avril 1897 de : Jeanne Anne Marie 1481 kg, Anne Marie 737 kg et Marguerite Marie 474 kg, toutes les trois fondues par Monsieur Havard à Villedieu les poêles.

          Aline Pélagie Fidèle est la seule conservée de l’ancien clocher.

          Un Rappel : Quelques heures après leur bénédiction, on procédait au montage des cloches dans le beffroi dont la charpente provenant d’un superbe chêne de Boquenay avait été construite par Pierre Le Guennan entrepreneur à Questembert. Plusieurs curieux étaient montés sur le plancher de l’horloge. L’un d’eux, Joseph GRAYO, reculant malencontreusement dans la trappe, tomba sur le plancher inférieur sept mètres plus bas. Il devait mourir peu après et le premier son des cloches a été pour son glas funèbre.   

Monuments

Hôtel Belmont

HISTORIQUE

Cette belle demeure privée, proche de l’hostellerie Le Guennego, l’hôtel Belmont date des XVème et XVIème siècles, et a toujours appartenu à de riches familles. Les premiers propriétaires connus sont les Le Bel, en 1620, leur succèdent les Bellyno, dont le plus célèbre sera Urbain-Ollivier, vivant dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle. Sa fille Marie épousera Benigne-joseph du Trousset d’Héricourt, père du futur évêque d’Autun. Son autre fille Claire, épouse Le Clainche, héritera de Belmont, qui passera ensuite à sa fille Claire Le Clainche, mariée à Joseph Grayo de Keravenan. Les deux derniers propriétaires privés de l’Hôtel Belmont seront Alphonse Guillemin et madame Suzanne Guillemin, toutes les deux « providences des pauvres du pays ».

Le municipalité de Questembert rachètera l’Hôtel Belmont et le réhabilitera en Office du Tourisme en 1991, puis laisse place à un commerce en 2015. L’ensemble du bâtiment a été restauré en 2006.

ARCHITECTURE EXTERIEURE

Parmi les maisons du centre, cette demeure est la plus intéressante au point de vue architectural. Sa façade possède de belles lucarnes ouvragées, toutes de facture différente.

Les lucarnes

La 1ere  lucarne : à fronton triangulaire, corniches obliques ornementées.

La 2eme lucarne : à fronton triangulaire, corniche horizontale moulurée, corniches obliques brisées à leurs extrémités par des volutes (ornementation inspirée de l’ordre Ionique Grec).

La 3eme lucarne : à fronton triangulaire surmonté d’un fleuron ( ornement végétal en forme de bouquet), corniches du fronton moulurées, lucarne encadrée de pilastres ( piliers engagés décoratifs formant une légère saillie), surmontée d’une corniche , frise sculptée, décorée, historiée, 2 chapiteaux sculptés surmontés d’une corniche. L’intérieur du fronton se nomme le tympan : surface délimitée par les moulures du fronton (surface décorée ou lisse), de sculptures, bas reliefs. Caractéristique de la première renaissance (1490/ 1540, période succédant à l’Art Gothique Flamboyant – 1370/ début 1500) avec présence de pilastres, elle est plus ouvragée que les autres lucarnes.

Deux autres lucarnes se trouvent rue de la Salle à gauche du bâtiment : à fronton curvilignes (réutilisation des frontons grecs, triangulaires : déformés lors du Gothique et de la Renaissance en forme arrondie).les lucarnes à frontons triangulaires et curvilignes sont généralement alternés sur les façades.

LA TOURELLE

L’autre intérêt de cette demeure est la présence d’une tourelle remarquable. Il faut  contourner l’édifice par la rue de la Salle et pénétrer dans le jardin clos, situé à l’arrière pour pouvoir l’admirer.

La tour est coiffée d’une très originale toiture à 4 versants à double cintres qui se rejoignent en accolade au sommet.

Cette tour servait à la surveillance, et dans la pièce tout en haut de la tour, existe encore un lit servant au garde, et la fenêtre a une orientation bien précise afin de prévenir les assaillants.

La saillie extérieure du toit abrite 2 caryatides de bois sculptées qui représenteraient « Questembert   et sa femme ».

Note : il existe  à Vannes deux bustes sculptés dans le granit cette fois, appelés par tradition «  Vannes et sa femme », (angle de la rue Noé). Mais dans nos villages questembertois, il n’est pas rare de découvrir aussi des visages sculptés, en haut des pignons de certaines demeures, représentant sans aucun doute les chefs de villages à une époque ancienne.

 INTERIEUR

Cet édifice possédait de nombreuses cheminées, certaines avec des habillages du XVIIIème siècle,  elles ont toutes été mises en valeur lors de la rénovation. Les greniers étaient recouverts de tomettes, servant de coupe feu, celles-ci  ont été reposées au rez-de-chaussée.

La maison perpendiculaire à l’hôtel Belmont, faisait partie intégrante de cette demeure, elle servait peut- être pour les cuisines, et à héberger le personnel.

On peut découvrir le magnifique puits dans le jardin de cette maison, mais celle-ci  est devenue privée il y a quelques années.

Les maisons CRUBLE et MONNIER  (actuellement   la résidence St Michel ) 

Description avant rénovation

Contigües à l’Hôtel Belmont, elles datent aussi de la même époque : charpente du 17 ème siècle, cheminé à corbelets, culots moulurés, datant du 16 ème siècle, cloisons en torchis (paille et terre franche), dallage, habillage de cheminées style louis XV, décors floraux et pilastres à cannelures datant de 1650.

Des planchers de chêne, des lambris, des boiseries, des portes avec des ferrures remarquables (ferrures à moustaches) placards à petits bois de très bonne qualité de conservation et ceci datant d’avant la révolution. Des escaliers en bois, début 18ème siècle, des caves remarquables avec des escaliers en pierres.

La maison MONNIER était un ancien relais postal, là ou étaient renouvelés les chevaux.

L’écurie était pavée à l’ancienne, avec des pierres placées debout.

Coté jardin, on y découvre  de nombreux caniveaux en pierre, les mêmes existent dans la rue St Michel, et dans le vieux Questembert.

Les jardins de Belmont, coin de verdure, d’où l’on peut admirer un véritable trésor d’autrefois.